Matières premières en hausse…Comment maintenir son innovation?
Flambée des cours, spéculation, part d’irrationnel… Plus que jamais s’approvisionner en matières premières ne s’improvise pas dans une époque marquée par de nombreuses tensions, géopolitiques ou financières.
Et pourtant, à lire ce mois-ci dans Bretagne Economique Loïc Hénaff, Dg de l’entreprise connue pour son pâté du même nom et Gilles Rocabeille, dirigeant de Soreal Ilou: rien de moins simple que réussir à bien planifier ses achats. De quoi les interroger sur le maintien de leur politique d’innovation, dans ces conditions tendues… (1ère partie)
leblogeco
Dans pareil contexte où le sourcing en matièrs premières devient un sport de combat, comment continuer à alimenter les “feux” de son innovation ?
Gilles Rocabeille
On peut en effet parler de ” prouesse” avec des matières premières comme l’huile ou l’oeuf qui augmentent.
Prenez une mayonnaise, c’est 70% d huile et 5% d ‘oeuf, donc 75% de matières en pleine expansion! Et ça n’est pas le vinaigre ou les sels et poivre qui vont aider à baisser son prix de revient. Donc, il y a quelques années, on a déjà opéré une transformation de ces mayonnaises en produits plus allégés avec 30% d’ huile.
leblogeco
Mais ça n’est pas bon !
Gilles Rocabeille
Votre réaction est normale (rires)… sauf que quand nous faisons des dégustations à l’aveugle, nous passons parfaitement à tel point que, suite à une décision que j avais prise en 2008, on a substitué 2 500 tonnes de mayonnaises classiques en produits allégés!
Et j’ai donné comme ordre a mes commerciaux de refuser de vendre de la mayonnaise traditionnelle en leur disant: “si vous perdez le marché ça n’est pas grave. On n’est pas là pour enrichir les fabricants d huile mais pour faire un produit élaboré qui conviennent aux gens!”
Et vous savez quoi: on n’a pas perdu une seule tonne parce que c’est bon et apprécié (rires)
Mais nous allons encore plus loin avec d’autres produits à base de fromages blancs et de yaourth, donc sans matières grasses.
Loïc Hénaff
Se diversifier ou “surfer” sur les vagues ? Pour être honnêtes, on n’est pas très bons. En fait, on n’aime pas papillonner et lancer à tout va, tous les 6 moi, une énième innovation qui va aller remplir les étagères de la GMS avec les cycles courts que l’on connaît… De quoi faire perdre espoir et énergie à tout le monde !
Nous préférons nous concentrer sur des innovations plus fortes et sans doute plus discrètes, j’en conviens. Par exemple sur nos emballages de saucisses on vient de basculer nos barquettes en cartons, déjà vertueuses, en les remplaçant par plus vertueux encore, via le PET: ce sont à 70% des bouteilles d’eaux recyclées… et encore recyclables.
Ces deux dernières années nous avons aussi travaillé à la diversification de nos recettes avec réduction du taux de sel, engagement avec Bleu Blanc Coeur – tous nos pâtés et confits de foie sont ainsi passés en BBC -, et nous nous approvisionnons exclusivement en porcs bio français
(suite demain)
L’innovation en Bretagne: BDI lance l’appel du 18 juin
La 6ème Semaine de I’Innovation, coordonnée par Bretagne Développement Innovation (BDI), se tiendra du 18 au 22 juin 2012. Quarante événements sur les thématiques clés de l’innovation seront proposés cette année aux acteurs économiques bretons sur l’ensemble du territoire.
Une occasion pour BDI de présenter ce qui fait l’actualité de l’innovation en Bretagne. Car en matière d’innovation, la Bretagne, rappelons-le, tient son rang :
5ème région en effectif de recherche, 6ème pour la création d’entreprises innovantes, elle est également au 1er rang des dépôts de brevets grâce aux savoir-faire de ses entreprises.
“C’est justement pour valoriser ces compétences et développer la force du réseau que la Semaine de l’Innovation propose aux acteurs économiques bretons une quarantaine d’événements sur les thématiques clés de l’innovation” annonce BDI.
Ces rendez-‐vous se tiendront sur l’ensemble du territoire et aborderont des thématiques variées (matériaux intelligents, agroalimentaire, numérique, éco-‐construction, emballage, design, nautisme…), en privilégiant le témoignage et/ou la visite d’entreprises.
A noter que la journée d’ouverture se tiendra le lundi 18 juin à la CCI de Morlaix.
“BDI se mobilise pour que cet événement soit le lieu de rencontres, d’échanges et de réflexions pour les entreprises et tous les acteurs de l’innovation en Bretagne, avec lors de cette ouverture, un temps fort consacrée notamment à l’Open Innovation. Comment placer l’homme au coeur de l’entreprise, développer l’esprit d’initiative et booster la créativité de ses équipes…”
Avec, pour aborder ces questions, deux invité spécialistes :
Isaac Getz, professeur à l’ESC Europe et auteur de « L’entreprise libérée »
Florin Paun, Directeur Adjoint Innovation Industrielle à l’institut Carnot ONERA-ISA, l’agence spatiale française.
Autre point fort de cette 6ème édition, la parution du 1er Index de l’innovation.
Contact:
BDI
1 Route de Fougères
35510 Cesson-Sévigné
02 99 84 53 00
Matières premières : quand le GIE joue de l’effet de masse (2nde partie)
“Plus vous êtes groupés et allez chercher loin, plus vous avez de poids économique pour imposer vos normes qualitatives, vos types de contrats. Il faut que les conditions générales d’achats priment sur celles de vente ou vous ne maitrisez rien.” Directeur des Maîtres Salaisonniers Bretons, Alain Danilo nous exposait hier la méthode qui prévaut, lors des achats, au sein des MSB au profit de ses adhérents. Suite et fin de son interview où il insistait sur la nécessité de s’appuyer aussi sur des intermédiaires…
Le blogeco
- Mais ces intermédiaires…qui sont-ils exactement ?
Ce sont en fait de sociétés spécialisées. Mais, de notre côté, à charge pour nous de continuer à affirmer aussi notre crédibilité : pas question que l’un de nos membres ne paie pas son fournisseur !
Et puis, il faut bien comprendre une chose : quand vous achetez comme le GIE 550 produits, on ne peut pas être spécialiste en tout. Il y a des marchés où on ne peut pas aller prospecter. On prend alors un intermédiaire pour aller par exemple prospecter le marché de la volaille en Pologne. Dans ce cas concret, où ils ont des disponibilités de matières, faut-il envoyer une acheteuse ou s’appuyer sur deux ou trois intermédiaire qui nous coûtent moins cher ?
Le blogeco
- Ainsi aguerri aux marchés et aux procédures à mettre en place, le GIE est-il de plus en plus sollicité ?
Il y a des entreprises qui nous approchent en effet, sachant que nous faisons assez peu de publicité. Les gens qui rentrent doivent être cooptés par d’autres membres pour éviter trop de concurrence sur les mêmes marchés, comme les salaisonniers (4 au sein du GIE) par exemple. Encore qu’une étude menée en 2000 a montré que plus ils étaient dispersés en achats, plus ils étaient faibles !
Ils achètent aux mêmes circuits, aux mêmes « appros », avec des produits un peu différents certes mais la compétitivité des entreprises et plus encore leur différence se font surtout dans le concept produits et le service commercial.
En ce qui nous concerne, on a donc séquencé nos marchés, spécialisé nos acheteurs et on a une technicité variable selon les produits.
Quand vous allez chercher de l’huile en Espagne, par exemple, il faut en ramener un camion-citerne complet car vous allez avoir un service annexe quasiment gratuit
Donc, l’adhérent qui veut rentrer dans le GIE ou que nous allons choisir, doit avoir la même philosophie que nous, afficher une pérennité, et être prêt aussi à apporter un service : celui qui « gagne » moins sur la St jacques va gagner plus sur les légumes et vice versa.
L’effet de masse se fait ainsi entre les différents adhérents
Le blogeco
- Comment voyez-vous les cours à terme ?
C’est assez difficile. Le problème est le suivant : si on prend le marché mondial, on a eu pendant longtemps un système, la PAC, qui était un système de prix protégés, avec pour conséquence que les prix en Europe étaient relativement supérieurs aux cours mondiaux mais moins volatiles. Et cela causait moins de distorsion de concurrence entre une grosse société qui maitrisait ses marchés à terme et une petite qui faisait ses achats sans utiliser des techniques sophistiquées.
Aujourd’hui, le poids de la PAC diminue. Résultat, on se rapproche des cours mondiaux mais avec une forte volatilité et on n’a pas forcément les mécanismes de protections comme les anglo-saxons en ont…
Quand on est une grosse multinationale, on peut encore travailler sur un marché international, mais une PME ? Elle n’a pas ces moyens, ni même d’’acheteurs.
Il faut donc, encore et toujours, combattre cette volatilité qui va continuer à la hausse …comme a la baisse. Si vous achetez votre beurre à 4 euros et qu’un concurrent a mieux anticipé à 2.50 euros, vous allez vous retrouver six mois plus tard avec un problème commercial sur le terrain avec, en face de vous, des clients, la GMS pour ne pas la nommer, toujours à l’affût des prix bas.
Il faut donc être capable d’acheter au bon moment, dans le bon circuit, avec la bonne méthode. Et avec le risque de se tromper !
Le blogeco
- Mais ça relève de l’interprétation dans le marc de café !
Non, pas toujours (rires). Il existe des systèmes de protection, avec sur le blé par exemple, des systèmes de protection. On dispose aussi de statistiques sur certains produits avec des analyses macro assez poussées
En règle générale, j’insiste sur ce point, il faut toujours décomplexifier ses marchés.
Dans les PME, le gros problème, c’est que leurs clients demandent de plus en plus de choses… Or, plus vous complexifiez les produits et les spécifications, et plus vos marché de substitution se restreignent
Par exemple, si vous demandez une norme spécifique dans le légume, vous allez non pas vous approvisionner sur 60% du potentiel de marché mais sur 5 %. Et donc, les 5% de fournisseurs vont vous le faire payer ! Vous pensez bien: c’est un avantage commercial sur lequel ils vont faire de la marge !
Donc votre produit fini va vous coûter plus cher !
Si vous arrivez à le valoriser (sans OMG, bio…) auprès de votre client et que celui-ci est prêt à vous le payer ça va. Sinon vous « bouffez de la marge ».
Contact:
MSB
02 97 81 22 81
Matières premières : quand le GIE joue de l’effet de masse (1ère partie)
Dans son numéro du moi de mai, le magazine Bretagne Economique consacre sa rubrique Focus – que votre serviteur a le plaisir de signer – à l’emballement des cours des matières premières qui rend de fait toute production de plus en plus délicate à gérer… Notamment dans l’IAA, entre l’huile devenu une matière « hautement spéculative » et des légumes sujets à des coups de froid (comme à des coups de chaud) qui obligent les entreprises concernées à donner de sérieux … coups de volants dans leurs achats, comme l’expliquent Loïc Hénaff, Dg de l’entreprise du même nom et Gilles Bocabeille, dirigeant de Soreal Ilou.
De quoi revenir sur la pertinence des Groupement d’Intérêt Economique (GIE) à l’image des Maîtres Salaisonniers Bretons (MSB) dont Alain Danilo, son directeur, nous rappelle le fonctionnement et les enjeux.
Le blogeco
- A quand remonte la création de MSB ?
Elle date de ’69, à l’initiative de 5 salaisonniers, d’où son nom
A l’origine du groupement, il y avait un dirigeant qui voulait acheter des moules en plastique pour faire du pâté. Mais, individuellement, il n’amortissait pas le moule en question. C’est ainsi qu’a germé l’idée d’un groupement pour acheter le moule en collectif et amortir le matériel. Ensuite, ils ont acheté du porc ensemble, notamment à l’importation, avec une personne embauchée à cette fin. Ils importaient le porc sur leurs différents sites. Et cette coordination des achats a duré jusqu’en 2000
A ce moment là, on comptait alors 18 membres et un peu plus de jeunes chefs d’entreprises confrontés a des problématiques de concentration de leurs clients, de leurs fournisseurs en amont, de la montée des prix en Europe, de leur compétitivité dans leurs achats… La création de l’euro compliquait les choses – on ne pouvait plus dévaluer pour gagner en compétitivité – et plus l’Europe se créait à l’Est, plus on se retrouvait à l’Ouest !
Avec la problématique de se faire livrer !
A cette époque, s’est donc posée la question de devoir, ou pas, se structurer, ou de continuer avec cette coordination d’achats qui marchait assez correctement. Mais avec des acheteurs dans les différents sites, ça fonctionnait bien s’ils avaient le temps, sinon …
Fallait-il alors dissoudre pour embaucher quelqu’un ? Recruter à mi-temps ? Une réflexion interne a été menée avec un conseil externe, et la décision de renforcer la structure a été prise avec la volonté de créer une vraie centrale d’achats.
Aujourd’hui, avec des actionnaires et des entités différents, on compte 14 entreprises de l’IAA. Et dans la région, je ne connais pas de structure similaire à la nôtre.
Le blogeco
- Ainsi vous appliquez la règle de « l’union fait la force » ?
Acheter en masse, cela veut dire acheter plus gros, aller chercher des matières premières plus loin et sur des marchés plus larges. La compétitivité est donc plus grande.
Si vous achetez une palette d’un produit X, vous allez passer par un intermédiaire qui va acheter en masse et vous la revendre. En fait, il vous vend un service ! Et ca coûte plus cher qu’un produit ! Pour pouvoir acheter mieux, il faut donc déjà massifier.
Plus vous êtes groupés et allez chercher loin, plus vous avez de poids économique pour imposer vos normes qualitatives, vos types de contrats… Il faut que les conditions générales d’achats priment sur celles de vente ou vous ne maitrisez rien.
Sur du spéculatif avec de la finance pure, on va acheter sur des marchés à terme des produits concurrentiels plus techniques.
Sur le marché international – prenons des poivrons achetés en Espagne ou en Turquie -, il faut avoir des effets de masse avec des camions complets. Ensuite sur ces produits saisonniers différents des huiles – produits spéculatifs par excellence – il y a toujours des problèmes de récolte sur telle ou telle région. Il faut donc pouvoir changer d’une région à l’autre selon les problématiques que l’on pressent.
Toujours avec un effet de masse minimum !
Ensuite il faut simplifier : plus vous êtes complexes à livrer, moins « la mariée est belle ». (rires) Et moins il y a de fournisseurs à se battre pour vous livrer. Dans ce contexte, massifier et décomplexifier: c’est tout un travail de fonds !
Le blogeco
– C’est une nécessité d’en passer toujours par des intermédiaires ? Vous venez de le dire : ils font (très bien) payer leur service…
Passer obligatoirement par des intermédiaires ? Certaines fois oui, c’est indispensable… D’autres fois, non : on passe de plus en plus par des livraisons directes avec nos fournisseurs internationaux. Là où en revanche on continue à passer par des intermédiaires, c’est quand il y a un risque de livraison. Prenons la noix de St jacques que nous achetons aux Etats-Unis ou au Canada, nous avons ici affaire à des fournisseurs fiables auprès desquels le GIE représente un poids économique important.
Mais pour certains poissons en Amérique du Sud, on va se trouver avec un fournisseur prêt à vous livrer… Sauf que s’il trouve un autre marché ailleurs, en Chine par exemple, il vous lâche et, dans ce cas-là, les recours juridiques, c’est long !
C’est pourquoi sur ce type de marché, l’intermédiaire est indispensable : on lui paie une assurance pour qu’il prenne le risque à notre place.
(Suite de l’interview demain)
La Bretagne créé des emplois, l’Ile de France, non !
Etabli par le cabinet Trendeo, le palmarès des régions françaises en matière d’emploi place l’Aquitaine largement en tête. Sans atteindre les mêmes sommets, la Bretagne n’a pas à rougir face à … L’Ile de France ! (extraits de l’article signé J. Chauveau/ Les Echos/16/04/12)
1er constat qui s’impose en découvrant le palmarès: les territoires moins industrialisés ont perdu moins d’emplois. CQFD?
Quoi qu’il en soit, les élus ont tout intérêt à favoriser les politiques de diversification d‘activité.
“L’étude réalisée par le cabinet Trendeo sur l’emploi dans les territoires montre en effet qu’il ne suffit pas d’avoir une tradition industrielle et une population dynamique pour afficher de bons résultats en matière d’emploi.
En compilant les informations sur les créations et les destructions d’emplois dans l’ensemble des secteurs par les chambres de commerce, la presse, les syndicats professionnels, le consultant montre que, par rapport à la population active totale, l’Aquitaine est en tête des régions françaises avec 12.340 créations nettes d’emplois entre 2009 et 2011, soit 0,96 % de la population
A l’inverse, l’Ile-de-France qui compte 5,3 millions d’actifs a un résultat négatif de 7.086 postes sur ces trois dernières années, ce qui la classe au 21 e rang.”
Comment expliquer le score négatif de l’Ile-de-France ?
« Ce mauvais résultat de l’Ile-de-France résulte notamment du secteur conseil et services, qui a supprimé des emplois en Ile-de-France alors qu’il en a créé dans l’ensemble de l’économie. C’est ensuite l’impact des réductions d’emplois dans l’administration qui a frappé la région capitale » explique l’étude qui pointe également le fait que « seulement » une centaine d’emplois nets ont été créés dans la logistique. (…)
Et la Bretagne dans tout cela?
Avec 6 252 créations nettes (à mettre en perspective avec les Pays de la loire ( 7 494 ) ou Midi Pyrénées ( 8 532 ), elle s’en sort plutôt par le haut.
“En règle générale, les régions qui se portent le mieux dans ce classement sont celles qui étaient moins industrielles que les autres avant la crise, et qui ont perdu moins d’emplois, favorisé les services (commerce de détail, restauration, maisons de retraite mais aussi développement de logiciels), ce que l’économiste Laurent Davezies appelle “l’économie résidentielle ou présentielle”.
Lu pour vous : Quelle industrie pour le futur ?
Au moment où, campagne présidentielle oblige, les thèmes de relocalisation et de “vitalité” industrielle sont revenus sur bien des lèvres de candidats, souvent en contradiction avec toute logique et “économie réelle” – mais comment rester insensibles devant ces images relayées par les JT de 20 heures où l’on voit telle ouvrière de (Maison) Lejaby aujourd’hui rescapée in extremis et repositionnée sur le soutien-gorge de luxe vendus exclusivement sur rendez-vous, de Londres à New York en passant par Shanghaï, pleurer à l’idée de la perte de son emploi? ), intéressant de se pencher sur le point de vue de Vincent Champain, , économiste, directeur chez General Electric et animateur de l’Observatoire du long terme de l’Institut de l’entreprise. (Extraits de son article paru dans les Echos/ Rubrique Le point de vue. 16/04/2012)
“L’industrie du futur a parfois été présentée sous la forme d’entreprises sans usines (“fabless”), centrées sur la conception et expédiant la production en Asie, à jamais plus compétitive. En réalité, le coût du travail en Bulgarie est en 2012 inférieur au salaire de Foxconn, en Chine. Mais pour que l’industrie revienne, nous devrons adapter nos stratégies à une “industrie 2.0″
L’inflation salariale y dépassant 10%, leurs coûts salariaux approcheraient les nôtres dans vingt ans. Déjà, des cas de relocalisations sont signalés. Mais il serait erroné d’y voir le signe d’un retour spontané de l’industrie d’autrefois, d’abord parce que l’industrie est de plus en plus une “industrie 2.0″, à la fois plus intégrée, ouverte et distribuée.
Ensuite, parce que son retour dépendra certes d’évolutions macroéconomiques, mais surtout des choix stratégiques à prendre dans les années à venir.
Cette industrie 2.0 est intégrée dans son environnement. Elle offre à la fois des équipements, des systèmes informatiques et des services destinés à optimiser la productivité de leurs actifs au contexte spécifique de chaque client – par exemple le rendement énergétique, le taux d’utilisation d’un bloc opératoire ou l’efficacité d’un moteur d’avion. Elle intègre davantage les contraintes environnementales de la production de l’équipement jusqu’à son recyclage.
Loin de la séparation conception-production du modèle “fabless”, ce modèle repose sur le “fabs, labs & advices”, soit une coopération étroite entre centres de production, de recherche et de services.
Elle est également intégrée mondialement : la relocalisation en France ira de pair avec la poursuite d’une logique de “chaîne de valeur mondiale”.
À l’image de l’emploi de l’automobile allemande qui doit la croissance de son emploi en Allemagne à sa sous-traitance en Europe de l’Est, la France doit savoir concentrer ses ressources sur les parties de chaîne de valeur où elle peut être compétitive. Pour gagner des emplois en France et exporter, il faut à la fois savoir importer judicieusement et attirer les entreprises capables de positionner la France au bon endroit de cette chaîne de valeur.
(…) Pour cela, nous devons améliorer la coopération recherche-entreprise et les financements associés qui hormis le crédit impôt recherche, sont parfois inadaptés aux modes d’innovation des grands groupes.
(…)
À l’image de l’Allemagne dans les machines-outils ou de la France dans les moteurs d’avion, les turbines à gaz ou le matériel médical, l’industrie 2.0 offre un potentiel considérable.
Pour le réaliser, nous devrons cependant nous doter d’une stratégie de “croissance créative” visant d’abord la disponibilité de facteurs de production compétitifs (capital, talents, énergie, services publics…). Ensuite, la simplicité pour les entreprises à combiner ces facteurs entre eux et avec des composantes importées de façon innovante (simplicité du droit, création d’entreprises, attractivité pour les multinationales, facilitation des partenariats…). Et, enfin, l’accès à une demande forte (ouverture commerciale européenne et mondiale).
Autrement dit, cette “stratégie industrielle 2.0″ devra assurer aux projets industriels une terre fertile, plutôt que de vouloir décréter quels arbres doivent être plantés.”
La phrase du jour
“Pôle Emploi devient de fait le premier “business angel” de nombre de jeunes pousses”
Alexandre Pham, Président de Lynx RH et membre de CroissancePlus
dans Les Echos/Idées (17/04/2012) / Article: La France, eldorado méconnu de l’entrepreuriat
Sécurité: ARGOS SECURITE et OMEGA SECURITE font la ronde
Si la “sécurité” a pu faire le miel de certains candidats lors de la Présidentielle 2012, c’est aussi un métier et une, voire des expertises. A l’image de celles déployées par Argos Sécurité Alarme et Oméga Sécurité. De quoi voir se dessiner dans le paysage de nouveaux miradors? Pour l’heure, particuliers comme entreprises se montrent de plus en plus en recherche de “sécurisation”…
Implantée à Saint-Malo depuis 2003, Argos Sécurité Alarme est une entreprise spécialisée dans l’installation de systèmes de surveillance tels qu’ alarmes anti-intrusions, vidéosurveillance, télésurveillance 24h/24 ou encore contrôle d’accès.
De son côté, Oméga Sécurité assure des prestations complémentaires, telles que des services de gardiennage, de rondes de surveillance et d’interventions 24h/24
Joachim PETIT, gérant de ces 2 entreprises, qui emploient 19 personnes, a une clientèle plutôt diversifiée puisqu’il intervient chez les particuliers, les collectivités locales (Mairie de Saint-Malo…), les commerces, les PME (Groupe Beaumanoir, les Thermes Marins…) pour ARGOS et principalement chez les professionnels pour OMEGA.
Après une belle progression d’activité ces 2 dernières années, l’évolution se poursuit. Joachim PETIT constate de fait une hausse des demandes d’installation de vidéo surveillance avec transmission d’images sur PC et Smartphones tout aussi bien chez les professionnels que chez les particuliers.
Afin d’assurer cette croissance, le dirigeant s’est installé dans des bureaux plus vastes situés 18 av Jean Jaures à Saint-Malo, locaux identifiés sur la Bourse aux locaux de Saint-Malo Agglomération.
Contact :
argos-securite-alarme@wanadoo.fr
Site Internet : www.argos-omega-securite.fr
Le Congrès international CELL DEATH IN CANCER en mai à Saint-Malo
Saint-Malo Agglomération accompagne à hauteur de 2000€ le 1er Congrès International CELL DEATH IN CANCER organisé par l’Unité Mixte de Recherche U917 Microenvironnement et Cancer de l’Université Rennes 1, qui se déroulera au Palais du Grand Large du 13 au 16 mai 2012.
Ce Congrès dédié à la cancérogènèse réunira 180 personnes (100 français et 80 étrangers) et il devra servir de base à la création d’une structure interrégionale regroupant des équipes de recherches académiques possédant une visibilité internationale autour de la mort cellulaire dans les cancers.
Le comité scientifique du Congrès est composé essentiellement de chercheurs des Universités de Rennes, Nantes, Paris, Bordeaux avec des intervenants internationaux et notamment des experts européens en cancérologie.
“Cette manifestation permet d’afficher Saint-Malo Agglomération comme un territoire d’accueil des activités de recherche réalisées au sein d’établissements d’enseignement supérieur et de laboratoires en lien avec la santé.”
Plus d’informations:
www.celldeathincancer.com
Les auto-entrepreneurs toujours très actifs en France
Que serait la création d’entreprise en France… sans le statut d’auto-entrepreneur inauguré il y a maintenant quelque 3 ans ? Ainsi, selon l’Insee, les Français ont créé 51.329 entreprises le mois dernier. Les autoentrepreneurs représentent toujours plus d’une création sur deux. (extrait de l’article signé Yann Le Galès/ Le Figaro Economie. 13/04/12)
“Les Français ont toujours l’envie de créer des entreprises. Selon l’Insee, ils ont créé 51.329 entreprises en mars. Soit une progression de 8,4% par rapport à février. Malgré les attaques contre le régime de l’autoentrepreneur, plus d’une création sur deux est une autoentreprise.
Sur les trois premiers mois de l’année, les Français ont créé 154.496 sociétés dont 85.645 autoentreprises. Soit une progression de 4,5% par rapport à la même période en 2011. Sur douze mois, le nombre de créations est en baisse de 5,6%. Le recul le plus important (8,1%) touche les autoentrepreneurs et les entreprises individuelles. Les créateurs qui choisissent de lancer des sociétés sont en léger recul (0,6%).
La baisse du nombre de nouveaux autoentrepreneurs est logique. Les Français qui se sont enflammés pour ce régime mis en place le premier janvier 2009, découvrent qu’il ne suffit pas de se déclarer autoentrepreneur pour séduire des clients et réaliser du chiffre d’affaires (…)
Nouvelle donne
Malgré cette nouvelle donne, le régime de l’autoentrepreneur séduit. 750.828 autoentrepreneurs étaient actifs fin 2011, cumulant 4,3 miliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’année. Ils ont enregistré en moyenne 8136 euros de chiffre d’affaires annuel. 324.000 ont réalisé un chiffre d’affaires au dernier trimestre 2011.
Les autoentrepreneurs sont très présents dans l’automobile, les services le conseil et l’éducation. Ils ne sont que 14% à travailler dans la construction. Un chiffre modeste eu égard aux craintes des professionnels du bâtiment qui ne cessent de dénoncer les autoentrepreneurs comme une redoutable menace et des concurrents déloyaux.”




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